
Le grand projet de casino-resort de MGM au Japon avance à coups de milliards. Lors de la présentation de ses résultats du troisième trimestre, le groupe américain MGM Resorts a détaillé le calendrier de financement de MGM Osaka, le complexe qui doit ouvrir ses portes en 2030.
Selon le compte rendu publié le 30 octobre par iGamingToday, le groupe prévoit d’injecter environ un milliard de dollars dans le projet en 2027, puis à nouveau en 2028. Ces deux années concentreront l’essentiel de ses dépenses d’investissement.
Un projet à 10 milliards de dollars
Le directeur financier de MGM Resorts, Jonathan Halkyard, a présenté ces chiffres lors de la conférence consacrée aux résultats trimestriels. D’après iGamingToday, le groupe a déjà investi environ 114 milliards de yens, soit près de 722 millions de dollars, dans le projet. Il prévoit encore 150 à 160 milliards de yens par an sur les deux prochaines années, ce qui correspond à peu près à un milliard de dollars chaque fois.
Il faut bien distinguer ces sommes du coût total du chantier. Le complexe d’Osaka représente un projet d’environ 10 milliards de dollars, financé à plusieurs mains. MGM paie sa part grâce à sa trésorerie et à ses flux de trésorerie disponibles. Le reste est assuré par son partenaire japonais ORIX et par une ligne de crédit en yens montée avec des banques japonaises.
Une priorité assumée
Le directeur financier n’a pas présenté cette dépense comme une simple obligation contractuelle. Selon iGamingToday, il a expliqué que le groupe abordait cette période d’investissement avec confiance, au vu des retours qu’il attend du marché japonais. L’autre grande utilisation prévue de l’argent du groupe reste le rachat de ses propres actions.
La synthèse de la conférence publiée par Yahoo Finance le 29 octobre confirme ce cap : MGM Osaka reste sur la voie d’une ouverture en 2030, avec environ un milliard de dollars par an programmé pour 2027 et 2028 afin de boucler les engagements de financement.
Que sait-on du futur complexe ?
MGM Osaka n’est pas un casino au sens où on l’entend en France. Il s’agit d’un « resort intégré », un concept venu de Las Vegas et de Macao qui mélange hôtels, salles de spectacle, centre de congrès, restaurants, boutiques et, au milieu de tout cela, une salle de jeux. Le casino n’occupe qu’une partie des surfaces, mais il porte une grande part de la rentabilité.
Pour un groupe habitué à Las Vegas et à Macao, s’implanter au Japon représente un pari de long terme : il faudra attendre l’ouverture de 2030 pour mesurer la réponse du public. C’est ce qui explique l’ampleur des fonds propres engagés et la prudence du discours sur l’après-ouverture.
Et après l’ouverture ?
Toujours selon iGamingToday, Jonathan Halkyard estime que le complexe devrait ouvrir avec un effet de levier d’environ deux fois, grâce à une part importante de fonds propres par rapport à la dette. MGM envisage ensuite de refinancer le projet peu après l’ouverture, ce qui pourrait permettre de rendre une partie des fonds aux deux partenaires. Le directeur financier a pris soin de préciser qu’il s’agit d’une possibilité, et non d’un versement acquis.
L’Asie, moteur du groupe
Ce pari japonais s’inscrit dans un contexte où l’Asie tire déjà les comptes de MGM. Selon Focus Gaming News, la filiale MGM China a atteint au troisième trimestre une part de marché record de 17,1 % à Macao, avec un chiffre d’affaires net de 1,14 milliard de dollars, en hausse de près de 5 %, alors que le marché du jeu local ralentissait.
La synthèse de Yahoo Finance attribue cette progression à une bonne connaissance de la clientèle dite « premium mass », ces joueurs qui misent gros sans être des VIP, et aux rénovations menées à Cotai, qui ont allongé le temps passé aux tables et aux machines.
Las Vegas plus contrasté
À Las Vegas, le tableau est plus mitigé. La même synthèse évoque des gains records sur les machines à sous et un jeu haut de gamme solide, mais aussi une pression sur les prix des chambres côté clientèle loisirs, la direction pointant une forte hausse du prix des billets d’avion vers la ville.
Ce que cela dit du secteur
Pour les amateurs de jeux de table et de machines à sous, l’ouverture d’Osaka reste lointaine. Mais elle illustre une tendance de fond : les grands groupes misent sur des complexes géants où le jeu n’est qu’une brique d’une offre de divertissement complète. Macao l’a montré, et Osaka doit en être la prochaine vitrine.
Rendez-vous en 2030 pour voir si le pari de MGM se révèle aussi rentable que le prévoit sa direction. D’ici là, deux années de lourds investissements attendent le groupe.
Les jeux d’argent comportent des risques : endettement, dépendance. Pour être aidé, appelez le 09 74 75 13 13 (appel non surtaxé).
